Chaque année, la consommation de pesticides en France ne cesse d’augmenter. L’étude internationale publiée dans la revue Nature Substainability au coeur de l’été dernier portait sur le comparatif des performances de l’agriculture et conventionnels. Soit sur leurs capacités à se défendre face aux attaques pathogènes. Des auteurs chercheurs de L’INRA ou Institut National de la Recherche Agronomique ainsi que l’Université de Rennes y ont contribué. Au grand étonnement de tous, les résultats ne correspondaient pas à ce que l’on attendait.

Que disent les études ?

Favorable pour la biodiversité et la santé, on a toujours pensé que l’agriculture bio est moins bien armée que l’agriculture conventionnelle face aux agressions naturelles. Demeurée longtemps confidentielle, cette étude a pourtant démontré le contraire.
Un contrôle biologique naturel des nuisibles serait-il possible ? Un mécanisme de défense naturel protège-t-il l’agriculture bio des ravageurs et les pathogènes ? Ceux qui baignent dans l’univers de l’industrie agro-chimique vous diront sûrement que non. Les 177 études comparatives que l’on a récemment mentionnées ne sont pas du même avis. Elles mettent en évidence l’existence de cette défense naturelle.

La défense naturelle du bio contre les nuisibles

On a commencé cette étude avec une hypothèse ancrée. L’étude devait alors tout simplement la confirmer. Comparé à un modèle conventionnel, un modèle agricole qui a été intensifié grâce à une plus importante diversité végétale montre une meilleure résistance face au nuisible. Une fois les aspects écologiques optimisés, les plantes peuvent s’attendre à ce que les services écosystémiques soient aussi plus performants. Le contrôle biologique des nuisibles permet quant à lui d’améliorer les rendements et de baisser la quantité des intrants chimiques.

Les résultats, où sont les seules failles ?

Toujours selon ces études, l’agriculture biologique permettrait aux plantes de développer leurs systèmes de défense. Cela ne s’arrête pas là, le bio dispose aussi d’une excellente défense contre les ravageurs.
Le seul problème auquel il faut trouver une solution reste ainsi les mauvaises herbes. En effet, contre les adventices, l’agriculture bio n’a pas plus de résistance que la conventionnelle. Contre les insectes ravageurs, la bio dispose d’une excellente performance. Il en est de même pour les bactéries et les champignons.

L’agriculture bio, une alternative contre l’utilisation de pesticides de synthèse

Ceux qui défendent l’agriculture bio ou sans pesticides disposent désormais d’arguments solides et fondés. Il y a encore quelques mois, certains pensaient qu’il était quasiment impossible de se passer des néonicotinoïdes. Ces derniers étant considérés comme le premier facteur de la disparition des abeilles et la race humaine en conséquence.
Réduire les pesticides se fait sans que l’on prenne le risque d’attaques des ravageurs et des pathogènes. Sans même que l’on affecte les rendements. Cette étude est ainsi la preuve irréfutable que l’agrochimie conventionnelle n’est pas forcément la plus performante et que l’on peut la remplacer.

En France, l’usage de pesticides est en hausse

On ne peut pas dire que l’Ecophyto a apporté beaucoup de changement en France. Dans cette partie du monde, les pesticides tiennent autant de places et d’importance qu’avant la mise en place de l’Ecophyto en 2008. On a même constaté une augmentation de plus de 12 % de la valeur du NODU (Nombre de doses par unité) entre 2014 et 2016. Différents Ministères l’ont annoncé à la moitié de l’année 2018. Les chiffres sont alarmants ! Ce que l’on souhaite étant de rendre le sol le plus sain possible et d’éviter la perte de la biodiversité.
Vient s’ajouter à cela le fait que la santé des agriculteurs est remise en cause. De nombreuses études l’ont démontré. L’usage de pesticides favoriserait le développement de certaines maladies comme le Parkinson ou le cancer.